Dans le cadre de leur projet de fin d’études, Quatre étudiants en Sciences de la nature du Cégep André-Laurendeau et un chien dans le Grand Nord du Québec. Ariane Chatelois, Jérémie Gauthier, Mathieu Rivet, François Arseneault-Hubert et Nohémie Bokuma.

Dans le cadre de leur projet de fin d’études, quatre étudiants en Sciences de la nature du Cégep André-Laurendeau ont eu l’initiative de tisser des liens avec des communautés dans le Grand Nord du Québec afin d’étudier la présence de métaux lourds dans les sites d’enfouissement.
En juin 2018, Nohémie Bokuma, Mathieu Rivet, Ariane Chatelois et Jérémie Gauthier sont allés à la rencontre de la communauté de Whapmagoostui-Kuujjuarapik. Ce voyage scientifique et culturel à portée environnementale a été très formateur.
Qui est l’instigateur du projet? Jeanne Dumoulin, enseignante, avait travaillé sur la faisabilité d’un projet similaire en 2013. Finalement, la première édition a eu lieu en 2016. Lors de ce projet, c’est Myrella Bergeron, enseignante, qui a accompagné les étudiants au Nunavut pour un projet d’aquaponie.

Concernant le projet réalisé en 2018, c’est la directrice du Centre d’études nordiques (CEN) qui a transmis à François Arseneault-Hubert, enseignant de chimie, le Plan de gestion des matières résiduelles du Nunavik élaboré par l’Administration régionale Kativik.

Matières résiduelles dans le Grand Nord du Québec.

Ce document relayé aux étudiants a suscité l’intérêt de réaliser un projet de fin d’études portant sur la gestion des matières résiduelles, plus particulièrement sur la détection et la remédiation du plomb et du mercure dans et autour des dépotoirs.

La problématique: les températures élevées accélèrent la propagation des contaminants dans l’environnement. La fonte du pergélisol, qui autrefois agissait comme une barrière, permet aux contaminants de percoler dans le sol.

Une véritable expérience de terrain

Afin de mettre le projet en marche, François Arseneault-Hubert a pris les devants et a assisté les étudiants, en effectuant notamment des démarches qui ont transformé leur projet en une véritable expérience de terrain. Par ailleurs, par ce projet alliant coopération et expérimentation, il a réussi à démontrer que la science peut améliorer le sort des gens.

Ainsi, du 5 au 18 juin 2018, les étudiants et leur enseignant se sont rendus à au nord du 55e parallèle. Cependant, le matériel chimique nécessaire aux expérimentations ne pouvait prendre l’avion en vertu des règlements d’aviation. Malgré tout, cette surprise représentait un nouveau défi qui, au final, a apporté plusieurs éléments positifs.

Leurs parcours les ont menés à travailler avec les autorités municipales, avec des chercheurs universitaires qui menaient eux aussi des projets dans cette région, et des étudiants de l’École Badabin.

Les élèves de 6e année de l’école Badabin ont accompagné l’équipe du Cégep dans la collecte d’échantillons dans les dépotoirs pour les analyser dans leurs laboratoires tandis que des élèves de l’École secondaire d’Asimauttaq ont aussi aidé les étudiants du Cégep notamment en préparant le matériel chimique nécessaire à l’analyse des échantillons pour la détection de mercure et de plomb.

Impliqués dans la communauté

Un homme blotti en participant au nettoyage des déchets dans le Grand Nord du Québec.

Lors de ce voyage, les étudiants ont participé à de nombreuses activités, dont: le nettoyage des déchets de la route menant au campement cri, le dîner communautaire et le spectacle de fin d’année de l’école Asimauttaq, du tutorat en préparation aux examens auprès des élèves de Badabin, et une consultation publique sur le projet d’un nouveau dépotoir.

De plus, les étudiants du Cégep ont pris l’initiative de faire l’inventaire des produits chimiques de l’école Badabin.

La réalisation de ce projet incluant les frais de transport par avion et d’hébergement s’élève à 12300$. Les frais encourus ont été majoritairement couverts par le ministère de l’Économie et de l’Innovation et une campagne de financement dirigée par les étudiants. Plusieurs organismes ont aussi contribué dont: l’Association générale des étudiants du Cégep (AGÉCAL) et le Syndicat des enseignants du Cégep (SECAL).
Cette expérience concrète a permis de consolider des acquis académiques et de préciser l’orientation scolaire des étudiants, comme en témoigne Mathieu Rivet: «L’expérience que j’ai vécue durant ce projet m’a marqué et m’a également permis de trouver ma vocation, puisque c’est sur le terrain, en étant dans l’action, que j’ai découvert que ce qui m’intéressait était la résolution de problèmes».